Céline ou un débat littéraire majeur

Bonjour à tous ! Aujourd’hui petite chronique sur un livre qui m’a marquée durablement, inscrit au Panthéon de la littérature : Voyage au bout de la Nuit de Céline. Mais je ne souhaite pas aborder l’ouvrage de façon classique car vous aurez tout le loisir de lire les milliers de résumés. Je souhaitais intervenir sur le cosmos littéraire de Céline, et le débat sulfureux autour de cette figure.

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Il me semblait important d’établir certaines remarques. S’exprimer sur Céline, c’est au fond réactiver un vieux débat. Nombre de grandes institutions des lettres ont fait résistance durant des années, avant d’accorder à Voyage au bout de la Nuit cette légitimité des classiques. La Pléiade par exemple a adoubé ce livre en 1962 alors que sa rédaction remonte à 1932. Au delà de l’œuvre qui sur le plan de la plume semble faire désormais l’objet d’un solide consensus, c’est l’auteur qui est au cœur des passions. Ses opinions révoltantes durant la montée des totalitarismes dans les années 1930 partagent l’espace avec l’identité remarquable que l’on trouve dans Voyage au bout de la Nuit. Mais oui…cette identité a emprunté des chemins aussi sombres et pamphlétaires que sa folie.

Il serait cependant étrange de ne pas voir en Voyage au bout de la Nuit les prémices d’une vision violente et critique sur le monde et les hommes. La politique, l’esclavage, le racisme, la vénalité, la prostitution, la violence, les femmes…le héros est à la fois critiqué et critiquable dans la mesure où il semble être un esprit instable dans un corps entreprenant et pulsionnel. Ce livre est un laboratoire de l’obscurité du monde. Voyage au bout de la Nuit porte bien son titre puisqu’on ne sais pas si les multiples chemins où s’engouffre Bardamu ont une fin.

Ce livre nous bouleverse, nous dégoûte, nous épuise les méninges…Il est le reflet de l’esprit torturé de l’auteur, aussi fragile que le héros. Mais si la fiction peut sauver un personnage, la réalité n’épargne jamais son créateur. En somme, ce débat sans fin possède une part d’ambiguïté à mon sens. Reconnaître Voyage au bout de la Nuit sans comprendre par la suite la descente aux enfers de Céline, c’est comme ignorer avec le recul, les clés annonciatrices de cet écrit.

Julie

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