La passe-miroir – livre 1 : Les fiancés de l’hiver – Christelle Dabos  

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Lauréat 2013 du Concours du premier roman organisé par Gallimard Jeunesse, RTL et Télérama.
Grand Prix de l’Imaginaire 2016.

Résumé officiel
Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l’arche d’Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons.
La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la citadelle, capitale flottante du Pôle.
À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel.

Mon avis
Dans l’arche d’Ophélie, la plupart des habitants sont des “animistes”, ils ont des dons qui leur permettent de donner vie aux objets,  ces derniers sont parfois même animés d’une volonté propre. Ainsi, il n’est pas étonnant qu’un escalier quelque peu grincheux vous fasse trébucher si vous l’empruntez à une heure tardive, le dérangeant ainsi dans son repos…

Ophélie est une vraie touche de fraîcheur, j’ai tout de suite adopté sa personnalité. Petite, timide, gauche, elle se sent libre uniquement lorsqu’elle est à proximité des livres, ses plus fidèles compagnons. (Qui n’a jamais  sérieusement rêvé de se perdre dans sa bibliothèque ou dans une librairie sans plus jamais en ressortir ?) Au grand dam de sa mère, qui voudrait qu’elle soit plus féminine, plus adroite, plus… quelqu’un d’autre.

Sa capacité exceptionnelle, qui lui permet de traverser les miroirs, l’éloigne davantage de ses proches. On ne peut s’empêcher d’éprouver de l’empathie pour cette jeune femme qui s’efforce de ne pas perdre de pied au sein d’une famille envahissante.

Néanmoins, sa condition de femme s’impose brutalement à elle lorsque sa mère lui annonce qu’elle doit unir sa vie à Thorn, un homme appartenant au puissant et non moins dangereux clan des Dragons, suite à la volonté des matriarches du clan d’honorer une alliance « politique ».
Cette fois, elle ne pourra pas se dérober et c’est toute sa vie qu’elle doit désormais laisser derrière pour se plonger vers l’inconnu.

La rencontre entre son futur époux et sa famille n’est pas de tout repos, à tel point qu’elle imagine même, au vu du comportement méprisant de ce dernier, que le mariage pourrait ne pas avoir lieu. Mais c’est se montrer naïve… Si sa mère regrette cette décision, il ne fait aucun doute qu’Ophélie ne pourra pas en réchapper. Elle finit par le suivre en quittant son environnement familier, avec pour seule présence familière sa tante Roselinde.

Toutefois Ophélie est de plus en plus perplexe : il ne fait aucun doute que Thorn ne souhaite pas plus qu’elle ce mariage, mais il ne fait rien pour expliquer ses intentions. Opiniâtre, froid, hautain, désagréable, ce ne sont là qu’une infime partie des sentiments et des opinions qu’il suscite chez autrui.

Les craintes d’Ophélie ne cessent d’être accrues dès lors que Thorn lui apprend que son identité doit à tout prix être dissimulée, au risque de conséquences désastreuses. J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié la manière dont l’auteur introduit en douceur une nouvelle atmosphère dans le récit, qui s’entoure davantage de mystères et de dangers.
Une fois parvenue dans « l’antre du Dragon », la jeune femme comprend peu à peu, sans pour autant la justifier, l’attitude de son futur compagnon. (Pour lequel elle conçoit tout de même beaucoup de curiosité.) En tant que haut fonctionnaire du Pôle, Thorn suscite des opinions tranchées allant de la haine au mépris, la seule personne un tant soit peu sincère à son égard étant sa tante Bérénilde. Cette dernière, dotée d’une beauté envoûtante et gracile, se montre bienveillante avec Ophélie et se charge de parfaire son étiquette avant qu’elle n’entre à la Cour.

Ophélie ne cesse de se questionner au fil des rencontres qu’elle fait avec d’autres nobles, Archibald, le dandy charmeur mais désabusé, Greta la cruelle et farouche demi-sœur de Thorn, etc. Elle regrette son ilot de tranquillité animiste et ne cesse de craindre pour sa vie lorsqu’elle prend peu à peu conscience des enjeux liés à son hypothétique mariage. Cette nouvelle vie lui permettra-t-elle de survivre ? Qui est réellement digne de confiance ?

Ainsi, c’est un véritable tour de force qu’opère Christelle Dabos pour son premier roman, à travers un style, une trame narrative, un univers fascinant et décalé et des personnages maîtrisés à la perfection.  Cette chronique quelque peu descriptive ne lui rend sans doute pas justice mais ce livre est un véritable coup de cœur qui mérite amplement sa réputation ! Il ne tient qu’à vous de le découvrir et de le décortiquer.  

Estelle

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14 réflexions sur “La passe-miroir – livre 1 : Les fiancés de l’hiver – Christelle Dabos  

  1. dreamingwithboooks dit :

    J’ai vraiment aimé ce roman!! J’ai été captivé par l’univers que j’ai trouvé tellement original!! Ca change de ce qu’on a l’habitude de voir! Bien sûr j’ai de suite accroché au personnage d’Ophélie qui est tellement attachante! Je suis vraiment curieuse de découvrir le second tome que l’on décrit beaucoup comme étant encore meilleur!! :D

    Aimé par 1 personne

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