Accioview #1 : Michael Miguères

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En cette fin d’année, Julie inaugure une toute nouvelle catégorie : les Accioviews ! Vous trouverez ici des interviews d’auteurs, de blogueurs, afin d’en apprendre plus sur le monde littéraire et ses dessous.  Ainsi aujourd’hui Julie est allée à la rencontre de Michael Miguères, jeune auteur de 30 ans et engagé dans la vie publique à l’occasion de la sortie de son livre Pompidou, le dernier Président qui a fait gagner la France paru cette année aux éditions Ramsay. Nous l’avons interrogé sur ses pratiques d’écriture, mais également ses habitudes en tant que lecteur.

michael miguères.png(c) Capture d’écran par Michael Miguères sur i-Télé

D’où vient cette passion pour l’écriture ?

Même si j’ai pu éprouver à quel point l’écriture comporte nombre de vertus et de bienfaits, je n’ai pas à proprement parler de passion pour l’écriture. C’est l’envie de partager des idées et des espérances qui m’a poussé à écrire.

Pendant la session écriture: café, thé, chocolat chaud ? Avez-vous certaines habitudes, un rythme de travail tel Balzac quand vous écrivez ?

Ni café, ni thé, ni chocolat chaud. Par contre, je confesse au chocolat des bienfaits de son apport en magnésium et l’effet relaxant de sa consommation.
Quand à l’écriture, elle suit un rythme très irrégulier. Il m’arrive d’écrire à la suite des dizaines de pages, puis de ne plus rien toucher pendant plusieurs semaines. Je retourne ensuite sur le texte pour le corriger et tenter de l’améliorer.

Pourquoi Pompidou ?

Parce que vivant dans une époque et dans un pays où les responsables politiques ont globalement tous déçus et où le chômage, la misère, les doutes, le déclin progressent, une époque où les débats politiques sont désespérants de vacuité et d’inefficacité, j’ai voulu démontrer qu’il existait autre chose.

La France était heureuse sous Georges Pompidou, non pas par le simple fait que l’on vivait dans des « Trente Glorieuses » qui seraient tombées du ciel, mais parce que la France était bien gouvernée. Quand Georges Pompidou arrive au pouvoir en 1962, la France n’est pas à la pointe des technologies et accuse du retard de développement sur ses voisins. Elle ne comporte, par exemple, que quelques dizaines de kilomètres d’autoroutes contre déjà plusieurs milliers en Allemagne. Il a bâtit en dix ans une puissance industrielle avec des réalisations comme le Concorde, le TGV, le nucléaire, l’automobile, un développement inédit des Universités, la création du Ministère de la Culture, aménager Paris aux transports modernes et même la fusée Ariane !

Ce qui est fascinant chez Georges Pompidou, c’est que ce n’est pas un scientifique, un industriel ou un homme d’affaires, mais un homme de lettres qui croit à la réalité des idées. Toutes ses réalisations et toute sa politique ne peuvent pas s’apprécier si l’on ne comprend pas son interprétation des grands mouvements, dont la société de consommation naissante, et sa vision de l’Homme. Je pense que plus que n’importe qui depuis, Georges Pompidou avait su analyser les enjeux politiques réels auxquels nous sommes confrontés, c’est cela que j’ai voulu faire partager au plus grand nombre.

Enfin, l’homme est passionnant, amateur des lettres classiques comme de l’art moderne, fumeur de cigare, conducteur de Porsche, aussi à l’aise dans les galas avec les plus puissants du monde qu’à la campagne avec les bêtes, il plairait beaucoup aujourd’hui.

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Si un jour vous entrez au Panthéon, où aimeriez-vous être situé ? Vos voisins préférés ?

La question me fait sourire, je n’ai absolument pas cette prétention-là. Parmi les panthéonisés, et pour rester dans la littérature, ma préférence va à Voltaire, dont nous n’avons pas assez d’une vie pour aller au bout de son œuvre.

Si vous dinez avec un écrivain et un politique disparu, lesquels seraient-ce ?

Question un peu absurde mais très difficile !
Pour l’écrivain j’hésiterais entre Baudelaire, notamment pour ses admirables œuvres en prose, et Beaumarchais, tant pour ses pièces que pour sa vie qui est un roman incroyable. Je choisirais probablement Beaumarchais pour connaître ses anecdotes piquantes sur Louis XV, Louis XVI, ses missions d’espion ou encore son avis sur la Révolution.
Pour les politiques, outre Georges Pompidou bien évidemment, j’hésiterais entre Bonaparte et Talleyrand, mais je pense que le format du dîner serait plus adapté à la haute conversation de Talleyrand.

Vous partez sur une île déserte, quel livre emmenez-vous?

Sans hésitez, les Commentaires de Voltaire sur Corneille, pour conserver une haute exigence et un exemple unique des capacités extraordinaires de notre langue française.

A titre personnel, lisez-vous des blogs littéraires ? Que pensez-vous de ces prescripteurs de lecture ?

Malheureusement non par manque de temps. Mais je trouve cela très bien, notamment en ce qu’ils permettent des critiques sur des œuvres peu connues, et prolongent ainsi le savoir commun, global et accessible. Je pense que nous en sommes encore au début d’un développement beaucoup plus fort, même si les modèles économiques de tout ce qui touche à l’écriture sont très incertains.

Merci beaucoup à Michael Miguères d’avoir accepté de répondre à nos questions ! En espérant que l’interview vous ait plu :)

 

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