2710 jours – Lucien Violleau

étoile 4

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« Lucien, cultivateur vendéen, a vingt et un ans en 1937 lorsqu’il est appelé sous les drapeaux pour son service militaire. Alors que celui-ci touche à sa fin, la France déclare la guerre à l’Allemagne et le jeune homme part au front. Rapidement fait prisonnier, il ne rentrera chez lui qu’en 1945 »

2710 jours est un véritable témoignage de guerre de Lucien Violleau, publié à titre posthume par son petit-fils, Damien Pouvreau qui le met en scène dans son spectacle 2710 jours de ma jeunesse. Je remercie particulièrement les Archives Dormantes pour m’avoir fait découvrir cet ouvrage unique !

Je n’avais jamais lu de témoignage de guerre mais étant férue d’Histoire et avec un tel résumé, je me suis lancée.  Étant assez sensible, j’avais peur que le livre ne soit « trop dur » pour moi, mais pas du tout. Et c’est ce qui fait son originalité.  Les horreurs de guerre ne sont guère abordées, même si Lucien fait face à la perte de certains de ses amis. Ce qui est décrit, c’est justement son quotidien, aussi sommaire soit-il. C’est une véritable plongée intime d’abord au sein de l’armée, puis dans une captivité qui a duré 5 ans. Les conditions de misère dans lesquelles il a vécu, les injustices auxquelles il fait face (notamment l’épisode du prêtre qui à force de vouloir les aider finit en prison) mais également le statut particulier de prisonnier de guerre.  Cela détruit certains préjugés puisque, il le dit lui-même, au début il n’était « pas si mal traité ». A travers ses carnets, Lucien exprime ses opinions sociales et parfois politiques sur cette guerre qu’il vit depuis l’intérieur.  

Ce récit est extrêmement touchant pour deux choses. Tout d’abord, son format : un journal intime. Pendant son service militaire le style était très concis, sans aucun affect. Mais face aux événements, et ne sachant pas ce qu’il va arriver, son carnet devient son seul refuge : tout ses doutes, mais également ses espoirs sont consignés. Le style se délie alors à la limite de la poésie comme le prouvent certaines pages qui sont des poèmes. Enfin, ce récit est touchant rien que par son existence. Le fait de savoir que l’histoire était vraie, je me sentais presque honorée de lire ce journal que Lucien a pris le temps de consigner, et fière de pouvoir vous en parler afin justement, de ne pas oublier ce qu’il a vécu, ce que des milliers de personnes ont vécu durant la guerre.

Ainsi, je recommande cet ouvrage à toutes les personnes qui voudraient le temps d’une lecture se plonger dans la vie d’un homme durant cette sombre époque. Ce livre est un témoignage unique et je suis très contente d’avoir eu l’opportunité de le lire.

Aurore

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