Chronique comparative: Le philosophe et le djihadiste de Jean-Yves Leloup et Terroristes, les 7 pillers de la déraison de Marc Trévidic

Le Philosophe et le Djihadiste de Jean-Yves Leloup ( Presses du Châtelet, 2016) et Terroristes, les 7 piliers de la déraison de Marc Trévidic (JC Lattès, 2013) : deux livres complémentaires pour comprendre le phénomène djihadiste et le terrorisme contemporains.

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Au regard des titres, certains peuvent légitimement se demander pourquoi j’ose une telle association. L’objectif n’est point ici d’opérer une généralisation dont le postulat serait « les djihadistes sont des terroristes », mais de mettre en lumière cette frange marginale qui au nom de dieu (ou d’un profond nihilisme comme le souligne Leloup dans son ouvrage), sombre dans cette criminalité expansionniste et revancharde: le terrorisme.

Ces deux ouvrages ont été commencés à deux périodes différentes. Mais le hasard a voulu que je les achève presque simultanément. C’est ainsi que j’ai réalisé à quel point ils se répondaient. Ma chronique ne consistera pas en un cours magistral, ayant à coeur de vous laisser découvrir par vous même ce qui alimente un tel mariage littéraire et analytique. Néanmoins, nous allons parcourir ensemble quelques points généraux.

Tout d’abord, le format. Il aurait été peut être plus difficile de faire dialoguer deux livres ayant 600 pages de différence. La vocation est ici la même: poser de façon relativement concise (186 pages pour Leloup et 279 pour Trévidic)  les fondements du problème. Leur construction a pour but d’ouvrir des pistes de réflexion sans pour autant boucler la boucle. Cela n’altère en rien la qualité du contenu qui au contraire gagne en intensité du fait de la densité de l’écriture.

Autre élément important, la date. Comme nous le savons tous, 2015 a été une année particulière en raison de ses dramatiques évènements. Je réalise au regard de la date d’écriture du Trévidic (2013) que son caractère était annonciateur et préventif. De l’autre côté, celui de Leloup (2016) serait d’avantage de l’ordre du dépassement du factuel pour entrer dans une réflexion de fond en partie abstraite. L’un bat le fer tant qu’il est chaud et nous met face à des réalités que nous n’avons que trop négligé, l’autre prend de la hauteur et tente de nous déconnecter d’un empirisme dangereux car source d’amalgames.

Sans entrer dans un amont de détails, passons au fond. Pour ceux qui souhaiteraient en savoir d’avantage sur l’ouvrage de Leloup, un lien est disponible vers ma chronique sur le site  «Les Petits Livres »; en voici un extrait :

« Inspiré de faits réels, le lecteur y fait un voyage dans le temps jusqu’en 2004. Cette année là, un jeune marocain s’appelant Mohammed planifie sa mort destructrice au cœur de la chapelle Sixtine dans la salle du « Jugement dernier »…au nom d’Allah. Mis au parfum de ce sombre dessein, Jean-Yves Leloup se rend à Rome afin de désamorcer une bombe humaine doublée d’une bombe idéologique. La composition de l’ouvrage retient notre attention. Sur le même modèle qu’une projection débat, l’ouvrage se décompose en deux parties »

L’ouvrage de Trévidic diffère en ce qu’il ne raconte pas une mais plusieurs histoires illustratrices de ses chapitres explicatifs et techniques. Ainsi, tout comme celui de Leloup, le livre joue sur le principe de l’alternance entre réflexion et factuel, dont la réalité est romancée.  L’angle d’attaque n’est cependant pas le même. Marc Trévidic est un ancien juge anti-terroriste tandis que Jean-Yves Leloup est un philosophe théologien. C’est en restant fidèles à leur vocation que ces deux auteurs déroulent le fil de leur pensée. Trévidic provoque un électrochoc de conscience par son pragmatisme, sur la base d’une analyse mettant en jeux des éléments socio-économiques,anthropologiques, et politiques. Si Leloup exerce ce même électrochoc, qui possède pour fondement une expérience personnelle, l’exercice de réflexion ne cerne pas seulement les failles du djihadisme mais aussi celles de ses sources ( les versets du Coran, les Hadith etc…) . L’un révèle au grand jour les réseaux et les processus d’action, l’autre met en lumière les chemins de la pensée et ses dangereuses contradictions.

Mais s’il y a bien une chose sur laquelle les deux auteurs parlent d’une seule et même voix c’est évidemment au sujet l’instrumentalisation de l’Islam, issue d’une pulsion destructrice pour soi et pour les autres (musulmans ou non par ailleurs) et d’un néant spirituel. Je ne peux conclure sans fortement vous recommander la lecture de ces deux ouvrages.

Julie

 

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4 réflexions sur “Chronique comparative: Le philosophe et le djihadiste de Jean-Yves Leloup et Terroristes, les 7 pillers de la déraison de Marc Trévidic

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